Hello,
avec un si long silence radio, absolument scandaleux, je me rends bien compte qu'A fleur de Pau ne sera sans doute pas LE blog de l'année 2012... Ce n'est pas grave, ne baissons pas les bras, prenons des mesures concrètes, soyons efficaces, rentabilisons le temps (eh oui, parce que c'est bien ça le problème, hein, ce n'est pas que je vous aime pas), enfin bouge-toi, Pau !
Bref, j'avais envie de vous raconter une petite histoire vieille d'une semaine (bouhhh...), lorsque j'ai eu la chance de rentrer dans les ateliers du Père Noël. Afin d'aller chez Cdiscount, quoi. Dans toutes les rédactions de Bordeaux et de Navarre, nous recevions il y a quelques semaines, un petit courrier nous informant de la venue de Fleur Pellerin en Gironde, et de sa visite des locaux de la boîte n°1 française de e-commerce. Alors il faut savoir que Cdiscount, c'est l'antre secrète, le no-man's land journalistique, le défi. A de très nombreuses reprises ces dernières années, des collègues ou moi avons sollicité le service communication de la boîte. Je ne vous cache pas que les lourdes rumeurs de tensions sociales et de conditions de travail pas très nettes nous avaient un peu motivés à solliciter des autorisations de tournage. Parfois, sans aucune malveillance journalistique, nous avons souhaité faire des sujets sur le boum du e-commerce, la réussite de boîtes françaises etc. Portes closes. Zéro communication. Zéro explication. Impossible de montrer un bout d'orteil chez le géant du net. Alors là, invités, on s'est tous dit : chouette, on va enfin pouvoir voir... ce qu'ils vont bien vouloir nous montrer !
Quelques minutes avant l'arrivée de la ministre, sous la pluie, un responsable de com à l'écharpe bien serrée nous prévient illico : vous rentrez, vous faites vos images, mais vous ne posez pas une question aux dirigeants. Alors là, on se rebelle vous voyez, genre "nous, on est journalistes, on ne nous convoque pas monsieur, et on ne nous dit pas ce que l'on doit faire" "si vous nous sollicitez, vous nous parlez" "on n'est pas venus pour rien" (sympa pour Fleur, vous l'aurez remarqué). Un collègue s'en va, son micro sous le bras, en les traitant de.....biiiiiip. Non mais pour qui ils nous prennent ? Entre nous "hihihi, c'est bon, on fait ce qu'on veut, on va aller le voir, le patron".
Bon, on rentre quand même. On fait nos images. On abandonne le cortège ministériel pour filmer à tout va. On s'en fout de la visite, on veut juste faire notre sujet sur le commerce en ligne avant Noël. De véritables gamins indisciplinés. Les attachés de com sont agacés, nous rappellent à l'ordre, nous demandent de ne pas traîner, de ne pas parler au personnel si possible. A la fin, petit pitch du big boss, l'homme qui valait 1,2 milliard, qu'ils disent. "Nos magnifiques résultats..." bla bla. "Record de colis expédiés..." bla bla. "croissance à deux chiffres..." bla bla "honorés de votre présence Madame la ministre..." bla bla. Petit mot de la ministre. Nous nous jetons ensuite sur le fameux boss qui se met alors à hâter le pas et nous ignorer. Regard baissé, mains pour se cacher genre Kate Moss, "non" bredouillant, directeur de com qui tente de s'interposer, ministre gênée, big boss qui fuit face à la peste de la presse qui l'assaille. Révoltés, on se venge sur la ministre qui elle, est bien là pour communiquer. Elle doit partir, le patron revient pour la raccompagner. Il nous évite, quelques journalistes le coincent entre les petits fours et leurs objectifs, l'un deux s'acharne avec ses questions, crie plus fort que la com, et là, acculé, un son chevrotant sort de sa gorge nouée. Il nous dit quelques banalités, un véritable communiqué de presse en version vocale. Ah ah, on l'a bien eu, on l'a gagné notre son ! Bon, on n'a rien appris, on n'a rien pu demander non plus, tout ceci ne fut qu'une minable opération de communication ratée, mais bon, c'est nous qui décidons, tout de même !
Cette petite anecdote pour dire quoi : comment aujourd'hui en France et dans notre société de communication, une boîte qui fait des milliards de chiffre d'affaires peut-elle encore se refuser à parler à des journalistes qu'elle a elle-même acceptés de recevoir, voire invités (ça ne se passerait pas comme ça aux States, moi je vous le dis) ? Au final, leur plan com est-il planté ou implicitement réussi ? Après tout, personne n'a réellement pu raconter le ridicule de la situation et de l'attitude des dirigeants. Et dans quelle mesure, nous journalistes, devons-nous dénoncer ce genre de manipulation ? On nous invite, a priori, c'est pour que nous puissions travailler, et parce que le sujet, le lieu ont un intérêt, une actualité. Mais on ne nous parle pas (pour ne pas être confronté aux questions qui dérangent), et on ne nous montre que ce que l'on veut bien nous montrer. Doit-on protester et partir, avec notre micro sous le bras, en les traitant de....biiiiip ? Doit-on rester, pour tenter de faire notre métier, tenter de raconter quelque chose, de creuser derrière la façade (facile, évidemment, en 45 minutes d'une visite menée au pas de charge) ? Doit-on carrément boycotter ce genre de barnum médiatique ? Doit-on insister, comme certains l'ont heureusement fait (et même pour pas grand chose), juste histoire de dire que notre métier, c'est encore de poser les questions qu'on veut à qui l'on veut, et encore plus aux puissants ? Et est-ce que tout le monde est tenu de nous répondre ?
Nous avons de gros problèmes et de grands questionnement, me direz-vous...(je sens que vous avez envie de me le dire !). Mais le débat est réel, dans ce genre de situations comme lors des innombrables visites ministérielles, communications politiques, portes ouvertes, invitations, et autres sollicitations de médias. Je sers la soupe, parfois, comme tout le monde. D'autres fois, je zappe. Mais je me pose toujours la question. Ouf ?
Très belles fêtes à tous <3 <3
Pau.
ps : bon ben du coup, la photo, ce sont les pieds des dirigeants and co. A défaut de pouvoir les écouter, on se contentera de leurs chaussures.
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21 déc. 2012
14 sept. 2012
Bordeaux grand cru
Aller vivre à Paris ? Moi ? Never !
Mais franchement, pourquoi ? Le boulot ? L'actualité vue depuis un bureau gris, non merci. Je préfère les reportages au grand air.
Ah oui, la culture, peut-être. Alors là franchement, je ne peux pas vous laisser dire ça. J'étais il y a quelques minutes encore avec Martin Parr, j'ai croisé cet après-midi deux prix Pritzker, et pas plus tard que ce matin, j'étais pas loin de prendre un petit-déj avec Tobia Scarpa. Juste avant de croiser Woody Allen. Nan je déconne. (juste pour Woody, hein).
Bon, tout ça pour dire que la rentrée culturelle bordelaise est joliment bien chargée. J'en suis ravie, car pour une fois, j'ai en plus le temps d'en profiter.
Tout a commencé hier jeudi soir par une soirée Pecha Kucha, qui s'est terminée dans le bon ptit pub du coin. Pour être complètement honnête avec vous, n'en déplaise aux bien-pensants culturels branchouilles, je n'ai pas spécialement accroché. La faute aux copains pas vus depuis longtemps, au verre de Bordeaux franchement dégueulasse (ça craint un peu de servir du mauvais vin dans un événement comme ça à Bordeaux, non ?), à ma situation géographique très près de la porte et des fumeurs, et du bruit. Et comme je suis un peu sourde, c'était pas brillant. J'ai juste eu le temps d'aimer la joyeuse prestation d'Oscar Galea, enfin je suppose que c'était lui vus les bijoux présentés. (http://www.oscargalea.com ) Et après il y a eu les Beatles et le cheeseburger. On ne se refait pas. Du coup, j'écoute Yesterday...
Ce matin, pieds serrés et ampoules rouge vif dans mes nouvelles pompes rutilantes, me voilà prête à aller découvrir la famille Scarpa. Là, horreur, malheur. J'ai regretté la visite presse en petit comité de la veille, négligée par flemme. Pour information, cet article a failli s'intituler "Je hais les vernissages", mais celui du soir m'a fait changer d'avis. Entre ceux qui viennent juste pour le buffet, ceux qui jugent bon de discuter très fort devant l'oeuvre sans la regarder, ceux qui visitent à contre courant en poussant tout le monde et en disant "Oh la la mais je suis à contre courant", j'ai cru défaillir. J'ai pu tout de même entrevoir quelques beaux objets qui mériteront bien une deuxième visite, et des plans, des photos, de l'architecture qui fait rêver, des pierres, de l'eau, Venise, de l'espace et de la lumière qui s'infiltre. C'est la première fois que père et fils sont réunis dans une même expo, paraît-il. Tobia, le fils, qui était là, n'a pas manqué de dire qu'il aimait son père, même si celui-ci lui avait "volé ses idées".
Revigorée dans ma quête culturelle, j'ai enfourché mon vélo magique direction le H14 où je dois bien vous le dire, j'ai adoré l'expo de Marc Barani au rez-de-chaussée. "Patrimoines : héritage, hérésie", ce sont des vidéos que je n'ai pas toutes regardées, mais qui m'ont bien faite voyager, à Ouagadougou, Dubaï, Beyrouth... Devant les belles images de Dubaï, j'ai re-vécu mon voyage de 2010, revu cette ville dans tous ses paradoxes, ses absurdités et ses côtés attachants. J'ai aussi été très émue devant ce petit film tourné au Danemark, dans ce village ancien reconstitué, qui vit à toutes les heures du passé, et où des visiteurs atteints de la maladie d'Alzheimer ont retrouvé une partie de leur mémoire. Là j'ai découvert le joli concept de "patrimoine thérapeutique" qui, si l'on s'y penche un peu, est quand même tout retournant. A l'étage, autant de plaisir devant les maquettes des grands projets pour l'avenir de Bordeaux. Vraiment pas déçue du choix de la ville pour la gueule du futur Centre culturel et touristique du vin (en comparaison avec les autres finalistes, le projet lauréat est vraiment magnifique). Et complètement fan du 1er prix de design, "un café dans les nuages", qui m'a donné envie de m'y mettre (au café, pas au design). Je vous laisse le soin d'aller le découvrir, c'est vraiment top !
Voilà, ça ne pouvait que bien se terminer. Tram A direction Mérignac-Centre. Puis la Vieille Eglise. Là, Martin Parr, son regard mutin et ses égéries kitsch m'attendaient. Enfin presque, parce que j'étais en retard. J'ai quand même eu la chance de voir cet immense photographe (au moins 1m80 et des chaussures ouvertes avec chaussettes en-dessous et chemise à carreaux de toute beauté) nous parler mode, rigoler de voir un maladroit faire tomber ses cadres accrochés, poser avec tous ses fans et parfois même voler leur appareil photo le temps d'un cliché. Franchement, très sympa. J'avoue, j'ai moi aussi joué les groupies et eu ma petite image avec le monsieur. Je vous conseille cette expo (jusqu'au 31 octobre, Vieille Eglise Saint-Vincent à Mérignac), vraiment. L'artiste a expliqué qu'il avait voulu "montrer la mode en enlevant son côté glamour" (je confirme !). Il y a de la couleur, du sujet décalé en-veux-tu-en-voilà, du Dakar et du Cuba, un regard espiègle, toujours tendre dans la critique, des grands noms de la couture, et un lieu magnifiquement rénové. Martin Parr a lui-même confié que c'était "une des plus belles galeries dans laquelle j'ai montré mon travail". Il a aussi dit que les Français l'aimaient "bien parce que j'arrive à me moquer des Britanniques, ça vous évite d'avoir à vous en moquer vous-même", mais ça n'a rien à voir. Il a regretté qu'il n'y ait pas de petit pot (nous aussi). Cela dit, ça évite le vin dégueulasse. Mais c'était quand même super chouette.
Alors ce week-end, filez, venez, oubliez le Bassin d'Arcachon et visitez-moi tout ça. Ca fera plus de place sur la plage ;-)
A très vite,
Pau.
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3 sept. 2012
Au secours, on rentre !
Ah mais oui, les revoilà les cartables (avec leur débat "faut-il vraiment les changer chaque année ?"), les écoles qui manquent de profs, et les classes surchargées. Les nouvelles grilles d'info, mais avec les mêmes sujets, et les mêmes têtes pour les annoncer. Les frigos à remplir et inscriptions à renouveler. L'injonction du jean et de la montre. Le renoncement à la robe légère. Je veux bien y aller mollo sur les havaianas, mais vous n'aurez pas mes ballerines.
Il faut à nouveau prendre le soin de ne pas oublier son agenda, se plonger dans les journaux, relancer la machine à idées.
Et pourtant, pourtant ! On devrait être contents, la rentrée, c'est la vie, c'est le commencement, c'est le renouveau.
What's new, alors ?
Alain Juppé est candidat aux prochaines municipales à Bordeaux.
Europe 1 veut écraser RTL et France Inter.
Le bilan touristique sur le littoral est mitigé.
Les profs ne sont pas assez formés.
Le Grand Journal a une magnifique Miss Météo qui va vous faire marrer.
Un i-phone de fou arrive.
On expulse des Roms.
Les magazines féminins nous disent de vider nos placards.
Avec la gauche au pouvoir, la rentrée est moins anxiogène.
Y'a un Républicain barjo, là-bas, qui est limite sur l'avortement.
C'est encore plus la crise.
Je râle.
Pas de panique les amis, je parie déjà que l'année prochaine, on reparlera de rentrée. Et pendant ce temps-là, l'eau est toujours aussi claire sous le soleil de Capri.
Pau.
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2 juil. 2012
#i love Bordeaux
Hello !
A fleur de Pau vous avait manqué ?? A moi, oui !
Ca va, ça vient, le boulot évolue avec cette fin d'année électorale (j'aurais eu encore tant de choses à raconter, mais on en a un peu ras-le-bol des élections, là, non ?), les vacances approchent. Et je réfléchis à des manières de faire évoluer ce blog, son look, son identité. Bref, vous savez tout, et ça devrait bouger !
Après quelques pérégrinations professionnelles (La Rochelle, Argelès sur mer, Royan, la Bourgogne...), j'avais une furieuse envie de retrouver Bordeaux. Chose faite après une belle semaine bien remplie.
A fleur de Pau vous avait manqué ?? A moi, oui !
Ca va, ça vient, le boulot évolue avec cette fin d'année électorale (j'aurais eu encore tant de choses à raconter, mais on en a un peu ras-le-bol des élections, là, non ?), les vacances approchent. Et je réfléchis à des manières de faire évoluer ce blog, son look, son identité. Bref, vous savez tout, et ça devrait bouger !
Après quelques pérégrinations professionnelles (La Rochelle, Argelès sur mer, Royan, la Bourgogne...), j'avais une furieuse envie de retrouver Bordeaux. Chose faite après une belle semaine bien remplie.
- j'ai vu la famille, et été gâtée de belles fleurs...
- participé à un cours de cuisine topissime. C'était mardi dernier au Saint-James à Bouliac. Le restaurant Côté Cour est devenu l'école de cuisine Côté cours, et c'est le second de cuisine de Michel Portos depuis 6 ans, Nicolas Nguyen Van Haï qui assure les ateliers. Invitée avec une flopée de journalistes, nantis que nous sommes, nous avons eu droit au premier cours. Menu : Filets de rouget, artichauts poivrade façon barigoule et panisse / Yaourt battu aux fraises et gelée de menthe. Verdict : CA-NON ! Les recettes étaient accessibles (même moi, j'ai réussi à "peler" les artichauts et faire cuire les rougets commeilfaut. Vous vous rendez compte ? Non, vous ne vous rendez pas compte.) Chef accessible, très doué et sympa (et on précise que c'est sympa aussi de voir Michel Portos passer par là nous amener quelques fruits frais venus tout droit du marché, rectifier un geste ou pimenter l'ambiance), lieu incroyable (et même pas trop éloigné de ce que pourrait être une cuisine de toi ou de moi, et ça, ça change tout), et concept carrément alléchant. Il y aura des formules rapides (cours sur le pouce, en une heure, on cuisine et on mange pour 17 €!), des mercredis après-midi pour les minos à partir de 6 ans, des afterworks les jeudis et vendredis, des formules avec visite du marché + aux fourneaux, et même des cours sur mesure, selon vos envies. Ca me mettrait presque en cuisine, tout ça...
(vous ne trouvez pas que je suis douée en dressage ?)
- fait de la Wii fit avec ma copine Carmel (fan de http://www.malinmaligne.com/ ) et couru.
- Doré ma pilule à la playa, après un beau plateau de fruits de mer.
- Bu du vin. Bu du vin. Bu du vin. (et même souvent du bon, n'en déplaise aux râleurs de la Fête du vin).
- Visité le Belem, et eu envie de prendre la mer.
- TRES bien mangé chez Comptoir Cuisine et vu de beaux feux d'artifice.
- Même (presque) pas fait les soldes.
- Retrouvé des amis précieux du côté de la Rochelle.
- Trouvé un ptit peu le temps de bosser (si, je vous jure!)
Là c'est sûr, je m'y remets. A fond.
A très vite,
Pau.
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10 juin 2012
Le jour où j'ai dépouillé
Eh bien voilà. Première fois depuis 5 ans que je ne travaille pas un jour d'élection. Fallait bien que la crise finisse par se faire sentir un jour. Ingrate vie de pigiste. Un jour au coeur de l'événement, le lendemain à la maison.
Je devais travailler pour la même chaîne d'infos qui m'avait employée lors de l'élection présidentielle. Et puis des restrictions budgétaires et sans doute un désintérêt pour les législatives plus tard, me voici sur le carreau. Et même si c'est bien de faire la grasse mat, de lire les journaux, de zoner sur Twitter, j'étais un peu paumée ce matin. Me voilà donc réduite à me porter volontaire au dépouillement pour exister dans cette journée démocratique !
Ce matin, ils étaient contents que je leur propose, et moi j'étais contente que quelqu'un ait besoin de moi. Alors nous avons scellé cet engagement. J'ai soigneusement mis mon bulletin dans l'urne, espérant peut-être que je saurais le reconnaître tout à l'heure, unique parmi tant d'autres. J'aurais pu laisser un signe, mais je ne voulais pas compter pour du blanc, on me l'a tant reproché.
Quelques heures plus tard, j'enfourche à nouveau mon vélo, là-bas, ils m'attendent, eux. A 19h49, je m'installe sur une petite chaise en plastoc et j'attends, sagement. Nous formons une ronde, nous n'avons rien à nous dire, c'est vrai, après tout, qu'est-ce qu'on pourrait bien se raconter ("vous aussi, vous vous sentiez seule aujourd'hui ?"). La présidente du bureau est du genre carré, du genre à bouger ses deux copines assesseur(e)s quand ça ne tourne pas rond. Elle nous briefe, dans un grand sourire, entre deux ordres aux copines. Tout semble clair, j'ai encore quelques solides souvenirs de ma première fois, j'avais 18 ans. "On n'a jamais fraudé ici, on ne va pas commencer ce soir". Dommage, quel carton ça aurait fait pour A fleur de Pau ! Tant pis, je me fais une raison, je ne serai pas journaliste aujourd'hui. 19h52, ma voisine a l'air vraiment vraiment heureuse d'être là, dingue. Tout le monde a les yeux rivés sur la grande horloge du gymnase. A 19h59, notre présidente ne tient plus "allez hop, c'est fini", elle remballe ses listes d'émargement et se jette sur la serrure de l'urne. A cet instant, un gros sifflement retentit pour nous annoncer que c'est fini, on ne vote plus, et on ne badine pas avec les règles démocratiques, ici.
Les bulletins sont rangés par 100 dans des enveloppes kraft, on s'installe tranquillement avec mes collègues d'un soir. Deux doivent ouvrir l'enveloppe et annoncer le nom, deux écrivent les résultats, bulletin après bulletin. En face de moi, la petite dame veut absolument "dépouiller". A priori, c'est ce qu'on fait. Non, en fait, elle veut absolument ouvrir l'enveloppe et annoncer le nom, comme si sa vie en dépendait, ou comme si elle pouvait ainsi avoir avant tout le monde les résultats, à moins qu'elle n'espère trouver des choses incroyables dans ces enveloppes. Bon, elle râle aussi parce que la table est collante, quelqu'un a renversé du jus d'orange, mais ça n'a rien à voir, a priori. On n'insiste pas, et on se répartit les rôles restant, parce que nous trois "ça nous est égal", on n'arrête pas de le dire. On ouvre la première grosse enveloppe, il y a bien 100 bulletins dedans. J'ai ma liste avec les douze candidats, stylo à la main, lunettes sur le nez, concentration au top, on peut y aller. Ma copine de la table collante ouvre la première enveloppe (elle kiffe, ça se voit), et annonce tout de go le premier nom. La présidente du bureau lui tombe dessus ! Malheureuse ! Elle doit juste ouvrir l'enveloppe, et donner le bulletin à la jeune femme en face, qui nous annonce le nom. Ca n'est pas aussi bien que ce qu'elle imaginait, je vois bien qu'elle est un peu déçue. Là c'est bon, chacun a bien compris son rôle et je peux vous dire que ça ne rigole pas. On va plus vite que la table d'à côté, je le vois bien. On est hyper sérieux, rien ne peut nous atteindre. Florian, Florian, Delaunay, Jay (grrr), Delaunay, Noël, Delaunay, Florian. Comme prévu, le PS et l'UMP sont au coude à coude, Florian devance tout de même la ministre sur mon bureau de vote. Je me fais un devoir de ne rien montrer, agacement joie, désespoir, je veux être une citoyenne exemplaire. Il y a des noms qui ne sortent pas, jamais, que personne ne prononcera ce soir. Les pauvres, ce sont les oubliés de la République. On a fini notre paquet, on recompte, tout est ok, pas de fraude comme prévu, je m'y engage. La présidente du bureau nous propose d'échanger nos rôles. La copine de la table qui colle veut dépouiller, on l'a compris, ce coup-ci, elle clamera les noms ! Franchement, je peux vous le dire, moi aussi j'aurais bien aimé dire les noms, et ouvrir les enveloppes, mais devant cette nécessité humaine, devant ce tel engagement démocratique, cette volonté d'accomplissement par le dépouillement, je ne peux que m'incliner. Et d'ailleurs, il faut bien l'avouer, elle le fait très bien. Elle incline à chaque fois le bulletin vers nous, pour qu'on puisse vérifier, et s'évertue à changer d'intonation à chaque prononciation du même nom. Ca nous donne une jolie série de vocalises sur "Florian", assez intéressante musicalement parlant. On tient notre rythme. A deux reprises, je suis obligée de reprendre mon collègue d'en face, qui, je le vois bien, essaie de rajouter quelques voix pour Europe-Ecologie Les Verts. Ouais ouais... Il s'est trompé, me dit-il. Ouais ouais... Je dois maintenant me concentrer pour rester exemplaire. "Florian", "Delaunay" résonnent dans ma tête et partout dans la salle, je ne dois pas me laisser perturber par les annonces faites à la table d'à côté. A la deuxième série, ça commence à devenir intéressant, moins de FN, plus de petits candidats. Et nous découvrons quelques votes blancs, ah ah, ça y est, nous y sommes, un peu d'action ! Bon, rien de drôle, en fait, juste un bulletin déchiré, une enveloppe vide, ou une enveloppe avec un bulletin UMP et un FN. Lors de l'élection présidentielle, c'était beaucoup plus rigolo, paraît-il. Au moins, il y avait du croustillant, des insultes à se mettre sous la dent ! Là, rien, ce scrutin est exemplairement démocratique.
Au fur et à mesure, je prends la mesure de mon rôle. Ces milliers de petites mains, en France, qui, au même instant que moi, forment le grand ruisseau de la démocratie. Une voix, qu'est-ce que c'est ? Sur ma feuille, de ma table, de mon bureau de vote, de ma circonscription, c'est tellement tout !
Une heure plus tard, notre sort politique est scellé. Aucune erreur, aucune fraude à signaler (n'insiste pas, Pau), juste des gens contents d'être là et de faire leur devoir. On nous remercie, on nous invite à venir boire un coup à la Mairie de Bordeaux. Chacun rentre chez soi. On me demande de revenir la semaine prochaine. Je bosse ou je bosse pas ?
Pau.
ps : je n'ai pas retrouvé mon bulletin, au fait.
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1 juin 2012
Dancing in the Street food
Hellooooooo,
Bon, tout le monde me chauffe sur les articles politiques, alors je fais une pause là ;-) Non sans rire, j'ai un peu levé le pied question élections. Je suis cloîtrée chez moi depuis quelques jours, je tente de pondre de belles pages "été en Aquitaine" pour un célèbre magazine féminin. Alors je m'applique...
J'avais envie de vous parler d'un événement qui me met bien l'eau à la bouche, et qui est par ailleurs mené par une connaissance, fille super. (et un mec qui a fait des soirées du côté du Batofar parisien, dans les jardins du musée du Quai Branly...)
Et si comme moi, vous aimez la bonne bouffe, les lieux canon, et les concepts originaux, alors on va s'entendre.
Bref, ça se passe le 7 juin, youhou c'est bientôt. Ca s'appelle "Street food par les Eat'inerants", et c'est à l'i.boat (le lieu canon).
Trois chefs : Nicolas Magie (qu'on ne présente plus, mais quand même, de La Cape, à Cenon), Christophe Girardot, chef itinérant, ancien de la Table Montesquieu, et Abdel Alaoui, qui officie à C à vous (que tout le monde connaît, mais quand même : l'émission de la 5 avec la rigolote Alessandra Sublet qui va nous manquer). Ca ne vous donne pas faim, vous ?
Ils vont "cuisiner de la baraque version street food" (sic), des "petits plats urbains sucrés et salés", tout ça avec un fond sonore branché, du DJ BNX (bon ok, là tout de suite, comme ça, je ne connais pas, mais il paraît que c'est bien !). Moi ça me tente bien, tout ça. Des gens qui se bougent pour proposer des concepts alléchants, des jolis noms qui jouent le jeu, et la perspective de passer une belle soirée... Moi j'y serai ! Et vous ?
Infos pratiques :
A partir de 20h à 02h. Entrée Libre. Iboat – Bassin à Flot n°1 – Bordeaux.
pré-ventes sur digitick 30 € (8 tickets) pour éviter l’attente,
sur place le plat 8 € (soit 2 tickets), le verre de vin à 4 € (soit un ticket).
pré-ventes sur digitick 30 € (8 tickets) pour éviter l’attente,
sur place le plat 8 € (soit 2 tickets), le verre de vin à 4 € (soit un ticket).
Et juste pour l'info, j'ai bien envie d'aller aussi à la Troc party #4. C'est la veille, le 6 juin, toujours à l'iboat (dingue), à 19h. C'est l'association Sew&Laine qui organise. J'adore depuis que j'ai compris le nom. Si vous ne connaissez pas encore, allez voir sur leur site www.sewetlaine.fr , ils font plein de choses sympa, et je vais souvent voir leur site. Une véritable gageure pour moi qui n'aime pas la couture, fabriquer des trucs avec mes mains, et qui n'ai pas une once de créativité !
Bon donc, lors des Troc Party, on vient forcément avec une pièce et l'on repart forcément avec autre chose. Pour cette 4e édition, on pourra échanger vêtements, accessoires, mais aussi disques et vinyles, le tout en musique, évidemment. Je pense que ça va en intéresser certain(e)s.
Infos pratiques :
Inscriptions par mail à contact@sewetlaine.com ou 09 53 38 91 73. 5 € l'entrée, et tout ce qui n'est pas échangé est donné à une structure sociale (+1 !)
Régalez-vous !
A bientôt,
Pau.
ps : et le titre, c'est pour vous mettre ça dans la tête. Tout ce que j'aime...
http://www.youtube.com/watch?v=CdvITn5cAVc
12 avr. 2012
Ô saint James, priez pour nous
A quoi ça tient, être chef de l'année ?
Aucune idée. Ce n'est pas pour moi et mes lasagnes, tartes à la tomates et faux tiramisu, que le statut a été inventé...
Mais quand il s'est agi de choisir un joli lieu pour une date importante, je ne sais pas pourquoi, j'ai pensé au Saint-James, à Bouliac. Je me disais que c'était con de ne pas aller voir le chef de l'année tant qu'il l'était. Et pas l'année suivante. Vous me suivez ?
Bon ben voilà, moi je suis une toute petite jeunette, et des restos étoilés, j'en ai pas fait des milliers. J'hésitais entre le restaurant Grand Vigne à Caudalie, le Pressoir d'Argent (le Grand hôtel, quoi), et le restau de Michel Portos. Ni une, ni deux, j'ai demandé conseil à ma copine Anne de www.papillesetpupilles.fr/ qui m'a dit "fooonce". Oui, mais où ?
Alors une ptite paire de talons, et une jolie robe plus tard, nous avons foncé jusqu'à Bouliac un soir de pluies fraîches, pour un dîner qui nous a réchauffés jusqu'à l'été.
Nous avons choisi les Morceaux choisis, ses cannellonis (big up pour les dattes-coriandre qui nous ont embarqués direction le soleil et les saveurs de Tunisie), son pavé rôti de barbue avec kumquats et céleris (un défi pour moi qui n'aime pas trop les kumquats et déteste le céleri, c'est dire. Relevé avec brio. Incroyable !). Un pré-dessert à base de mangue fondante, et un dessert spécial Pau de sublimes gariguettes aux accents de noix de coco. Pendant ce temps, on s'était enfilé quatre verres de vins tous aussi incroyables les uns que les autres, venus des côtes catalanes, du Gard ou de Hongrie, spécialement pour secouer les papilles de Bordelais que nous sommes malgré tout. Comptez également une dizaine de petits pains aux olives ou tomate-basilic, avec lesquels j'aurais fait tout simplement le repas, s'il avait fallu me sacrifier. Ah oui, il faut que je vous dise aussi, entre temps, (maudites soient les injonctions anti-calori(fi)ques pré-printemps) j'avais vu passer le plateau de fromages. Il ne figurait pas au menu, mais j'ai pleuré auprès du maître d'hôtel sympa, comme si ma vie en dépendait. Et nous avons eu droit au plus incroyable Reblochon (pourtant je suis calée en cheese, je peux vous le dire), à un brebis puissant et un Roquefort qui m'a laissée sans voix, moi qui n'aime pas vraiment le Roquefort. Voilà, c'était extraordinaire. Bon, doux, élégant, enchanteur. A chaque plat, j'ai été surprise, au moins trois fois, en trois temps, par l'assaut des saveurs inédites et subtiles.
Il paraît que Michel Portos n'était pas en cuisine. Pas de souci, sa brigade a géré. Ca doit être ça, chef de l'année. Assurer, même quand on n'est pas là. Et offrir un lieu où chaque détail compte, chaque geste est une cérémonie, chaque choix est motivé par le souci de perfection. Et puis les petites attentions... Le "doggy bag", petit sachet de douceurs à emporter m'a sauvé la journée, le lendemain midi, quand je rentrais déprimée d'une séance aux Prud'hommes. (aaaah mais oui, il faut que je vous raconte ça, aussi).
Bref, le bide plein et la tête remplie d'étoiles scientillantes du joli Bordeaux au loin, nous nous sommes promis de faire ça plus souvent. Manger, divinement bien, exploser sous les saveurs, voir les gens apprécier autour, se faire servir par des pros qui aiment leurs produits.
Est-ce que la vie, c'est pas ça ? Se régaler de belles et bonnes choses avec ceux qui comptent. Et puis s'en émerveiller à chaque fois. On bosse (aussi) un peu dans ce but là, non ? Et puis ça coûte moins cher qu'une paire de Louboutin, les filles. Ce qui est encore mieux paraît-il, c'est d'aller au Saint-James avec des Louboutin aux pieds. Tout est encore meilleur, comme si c'était possible...
Allez, belle journée à vous. Moi je vais voir (pas boire) du champagne, partout, partout. Ma série de tournages sur le vin continue.
Pau.
ps : les photos sont pourries, je sais, mais je n'allais tout de même pas sortir mon appareil tranquille pour shooter des assiettes !
5 avr. 2012
Chronique d'en-bas #1 Police
Il y a quelques jours, je suis allée au commissariat central de Bordeaux. Youhou ! Je vous avoue que je n'y vais pas très souvent, hein, je ne fais partie des habitués. Là, passage obligé pour aller faire faire une procuration de vote. Vous voyez comme je suis citoyenne...
Et bonne nouvelle, je ne suis pas la seule. Pour ceux qui auraient en ce moment des angoisses de taux d'abstention record, des cauchemars de bureaux de vote vides, des sueurs froides de bulletins esseulés dans des salles des fêtes désertées, rassurez-vous ! Si l'on en croit la file de personnes venues comme moi remplir le joli formulaire saumon, les électeurs devraient être au rendez-vous.
Sinon, il y avait aussi un monsieur complètement paumé, qui tentait de communiquer avec un (jeune) fonctionnaire de police à l'accueil (déjà) blasé. Il agite une feuille gentiment, et parle une langue inconnue. Le policier ne veut rien entendre "je ne vous comprends pas Monsieur, il faut parler français" ; en face : "Comprends pas" ; "je comprends pas"... Et ainsi de suite, personne ne comprend personne. Tout le monde se regarde en chien de faïence, sans proposer un coup de main. Le sketch aurait pu durer longtemps, mais il en fallait bien un moins buté que l'autre. Le monsieur s'est débrouillé, et il a trouvé un traducteur bienveillant qui a fait le lien... en anglais. Comme quoi, ça ne tient pas à grand chose, parfois, la communication...
Je parviens au guichet d'accueil, on me donne le formulaire à remplir "vous ne faites pas de ratures, hein, sinon, il faut recommencer". Arrive à côté de moi un vieil homme, qui n'a plus que deux dents, bien au fond, sur les côtés. Mais il les affiche quand même, tout sourire. Content d'être là. Il cherche à trouver un bureau d'anciens combattants à Bordeaux, il sort un courrier, "parce que je suis ancien combattant, moi, vous voyez". Heureux, fier. La jeune policière en face de lui est larguée. "Je ne peux pas vous renseigner monsieur, désolée, allez demander à la mairie". "Vous ne pouvez pas regarder sur vos ordinateurs ? Je n'ai pas d'ordinateur, moi..." Elle regarde sa collègue à l'autre bout du grand comptoir (avec "help" dans les yeux), la collègue tourne l'ordinateur vers le vieil homme qui découvre l'affiche "en panne", collée sur l'écran. Il s'excuse, et s'en va en souriant.
Un policier arrive de l'extérieur. Fatigué. Nonchalamment, il fait la bise à tous ses collègues de l'accueil. Sans un mot. Il dépose une pile de feuilles et s'en va. Sa collègue prend la pile et la range dans un énorme registre, prêt à craquer d'autres feuilles. Il y a du monde qui attend, un peu. Des gens installés dans l'espace attente baigné de lumière. Pour quoi ?
Le jeune policier fait des va-et-vient avec ses formulaires de procuration. Vient demander des précisions, repart, tamponne, glisse tout au long du bureau sur sa chaise à roulettes, classe ses formulaires, remercie et dit au-revoir sans lever les yeux. Il a une alliance. Marié si jeune ? Plusieurs policiers en civil attendent l'ascenseur, s'interpellent, se saluent, partent dans un éclat de rires. Les gens les regardent sans ciller.
"Suivant !" Jeune, homme, blouson en cuir, baskets. Egaré, flippé. Il montre une feuille un peu froissée à la policière.
Lui. "Je viens parce que j'ai reçu ça, et je voulais savoir ce que ça voulait dire"
Elle. "Ben ça veut dire que vous êtes convoqué par ce policier, que vous devez prendre contact avec lui"
Lui. "Je suis là, je peux le voir ?"
Elle. "Non, là il est occupé"
Lui. "Je peux attendre ?"
Elle. "Non, parce que dans dix minutes, il va partir en pause déjeuner" (je regarde ma montre, il est 11h43)
Lui. "Je peux revenir cet après-midi ?"
Elle. "Non, vous le rappelez et vous prenez rendez-vous pour dans la semaine"
Lui. "Mais je ne comprends pas, qu'est ce que ça veut dire, ce papier ?"
Elle. "Ca signifie infractions "mineures""
Lui. " ??"
Elle. "Agressions, vols..."
Lui. "Je comprends pas"
Elle. "Vous avez quelque chose à vous reprocher ?"
Lui. "Non"
Elle. "Eh ben alors ça ira".
Je suis restée scotchée à toutes ces petites scènes effrayantes d'humanité. J'ai mis 15 minutes à remplir mon formulaire. Chroniques d'un ras-le-bol ordinaire ? Ras-le-bol de la police, contrainte toute la journée de remplir les rôles de bureau d'information, centre social, défouloir... Ras-le-bol aussi des citoyens, lassés d'être accueillis par des visages fermés, des termes savants, des regards méfiants. Et ça ne se passe "qu'à" Bordeaux, "que" un lundi matin. Pas de jugement, pas de généralités non plus. Banale tristesse.
Pau.
3 avr. 2012
Dis, quand reviendras-tu ?
Toutes mes excuses pour cette absence, mille fois. J'espère que je vous ai manqué.
Je reviens avec une seule et unique question : mais comment font-elles ?
Oui, comment font-elles, ces femmes hyperactives, working girls, mamans, blogueuses ? Pour assurer au boulot, répondre à tous les mails, avoir encore le temps d'avoir des idées au travail, gérer le téléphone avec les copines, tenir la maison, emmener la puce à la danse, organiser des déjs, poster des articles tous les jours ? Moi, je vous le dis tout de go (j'adore cette expression), je n'y arrive pas. Bon ok, je suis plutôt du genre à me noyer dans un verre d'eau, m'enfin quand même. Femmes, je vous admire.
Alors pour justifier un peu mon stress démesuré et mon emploi du temps surchargé, il y a :
- mes pages à écrire pour mon magazine féminin, encore, et toujours. L'été, et ses commandes monstre arrivent.
- une série de documentaires de 26 minutes sur le vin à tourner (je ne vous en dis pas trop pour l'instant, sachez juste que c'est une première pour moi, et promis, je vous dirai quand et où ce sera diffusé)
- les élections, encore et toujours, avec leur lot de meetings, déplacements et autres reportages éreintants mais édifiants...
Ce qui veut dire que je devrais être en mesure, bientôt :
- de vous dire tout ce qu'il y a de mieux en terme de festivals et bons plans de l'été dans la région.
- de vous raconter mon plus beau choc architectural. Ca s'est passé au château Cheval Blanc à Saint-Emilion, et c'était sublime.
- de vous faire vivre les prochaines soirées électorales en direct live de Tulle, chez et avec François Hollande. Coulisses, ambiance, petites phrases, je vous dirai tout. (comment ça, je m'emballe ?)
En attendant, demain, je vous raconte les aventures de Pau au commissariat de Bordeaux. Ouuuuuuh.
A très vite,
Pau.
ps : avec deux petites images, qui me mettent de belle humeur : une jolie vue de soir tombant du côté de la Base sous-marine, et le cerisier du jardin en fleurs, il y a quelques jours.
12 mars 2012
Le jour où j'ai dégusté
En tant que journaliste, je ne vous apprends rien si je vous dis que nous sommes invités à tout un tas d'événements passionnants, étonnants (parfois complètement incongrus, ça fait partie du charme du métier). Même à Bordeaux, ça n'arrête pas ! La plupart du temps, on refuse (enfin je refuse). Sur le papier, oui, un vernissage, une inauguration avec petits fours super bons, c'est très tentant. Sur le papier. Franchement, j'aime y aller, rencontrer du monde, enrichir les réseaux. Mais après une journée de travail, remettre la casquette de "pro de l'info", c'est encore un peu du boulot. Parfois, on a juste envie de lézarder chez soi, de ne surtout plus être journaliste, pour qui que ce soit. Parfois, l'événement est tout simplement tentant. On y va en se disant qu'on va faire du relationnel, et on revient enchantée, évidemment.
C'était le cas jeudi dernier. J'étais invitée à participer en tant que jury aux Oscars des Bordeaux de l'été, soit déguster du bon vin. Sympa. Mais jetlag de New-York dans les pattes + des dizaines de mails en attente + envie de retrouver son chez soi + "mais je n'y connais rien au vin, je ne vais connaître personne" = Pau le boulet.
Parfois je me bouge les fesses. Bref, j'y suis allée et c'était très sympa.
Plus de 80 nanas déchaînées étaient réunies à la Brasserie bordelaise (rue Saint-Rémi) pour composer le grand jury. Des oenologues, des viticultrices, des femmes du vin, des chefs d'entreprise, des blogueuses, des journalistes ou des simples passionnées. Vous me direz, je suis dans deux cases, c'est déjà pas mal. Mais en fait, je dois vous l'avouer, je n'y connais pas grand chose en vin. Fâcheux pour une Bordelaise. Reconnaissons que ce n'est pas facile de s'y mettre tant ce monde semble parfois (à tort) verrouillé.
"On va vous placer à la table des journalistes" "NAN, surtout pas ! (non je plaisante, je vous aime les filles. Mais je ne vous connais pas". Finalement, je bouge et me retrouve entourée de super filles : LA blogueuse culinaire du coin (genre 3000 vues à l'heure : http://www.papillesetpupilles.fr/), une viticultrice étonnante (du château l'Insoumise, ça me plaît ça ! http://www.chateaulinsoumise.com ), une Américaine pro de la comm et du vin, une responsable de l'oenotourisme à l'Office de tourisme de Bordeaux, une chargée de com pour les vins de Saint-Emilion, une journaliste aguerrie. Et moi. Voilà voilà.
" Ah mais il ne faut pas avaler le vin en fait ? Et c'est dans ce truc qu'on crache ?" Non, je plaisante évidemment, je ne suis pas nulle à ce point, mais j'ai une fâcheuse tendance à penser que je n'y connais rien à rien, et ne pas oser me la jouer "je gère". Voilà, mais la dégustation commence, les filles sont toutes très sympaes, et font ça avec une aisance un peu énervante, et il faut bien se mettre au pas. J'ai tant vu mon homme faire, je dois pouvoir y arriver.
Je joue le jeu, nous dégustons 10 Rosé (pas facile, paraît-il, de déguster des Rosé), à l'aveugle, et devons évidemment les classer, noter et commenter. Je tourne mon verre, je sens, je goûte, je crache, je dis ce que j'en pense (m****, il ne faut pas parler), je note, implacable. Je maîtrise. A chaque nouvelle bouteille, je me répète toutes les leçons faites par les pros du vin rencontrés : "le vin, c'est uniquement une affaire de plaisir" "il n'y a pas de goût moins important que d'autre" "dîtes-vous que vous êtes forcément une meilleure dégustatrice que votre voisine".
La dégustation terminée, nous avons pris l'apéro. Puis nous avons dîné. Puis nous avons bu du vin. Pour de vrai cette fois-ci. Nous nous sommes régalées ! Dur dur le métier de journaliste, n'est-ce pas ?
Et les résultats sont arrivés. Les deux vins que j'ai le plus appréciés et le mieux notés ont été élus parmi les Oscars de l'été ! Je n'étais pas peu fière. Alors donc, moi aussi, je pourrais y comprendre quelque chose au vin ?
Allez, un peu de VRAIE information, une fois n'est pas coutume, voici la liste des lauréats des Oscars de l'été (18 heureux élus parmi 75 références des appellations Bordeaux). Des vins "girly", parfaits pour l'été et ses bons apéros au léger goût d'embrun. Vous vous y voyez, là ?
A très vite,
Pau.
Les Bordeaux de l'Été 2012 | |||||
BORDEAUX BLANC 2011 Château Ballan-Larquette, Château Belle Garde, Château de Brandey, Château Marjosse, Château Peneau et Château La Verrière. BORDEAUX ROSÉ 2011 Château Haut Pougnan, Château Lauduc, Château Lavison, Château Penin Rosé, Château La Rame et Château Rauzan Despagne. BORDEAUX CLAIRET 2011 Château Lamothe de Haux, Château Lauduc, Marquis de Génissac, Le Clairet de Meillac, Château Penin et Château Thieuley. | |||||
13 févr. 2012
Blogaventure : bientôt un mois !

Hello,
me revoilà après plusieurs jours de silence, beaucoup de froid et de boulot, un peu de repos because malade, et quelques aventures.
Bilan et perspectives, non ne sortez pas vos cahiers, je ne pars pas dans un exposé soporifique, j'avais juste envie de faire un petit bilan de ce premier mois vis-ma-vie-de-blogueuse.
Alors ces deux dernières semaines, j'ai :
- douté : dois-je parler de ça sur mon blog ? Vais-je les intéresser ? Vais-je tenir la distance ? Etape normale sans doute, nécessaire, peut-être.
- ri : beaucoup, souvent, jaune parfois, à la lecture des commentaires. Best of : "C'est pas toujours beauf, le sport" ; "Raccrochez avec la réalité, vous les journalistes !" ; "Grave bien ton blog" ; "Bizarre cette fille qui suit les politiques" ; "Vous avez rien d'autre à faire ?" ; "Merci quand même" ; Joli ptit blog, qui mange pas de pain, sympa à lire, sans plus" ; "Cé cool, fait nous rire, alleeeeeeer".
- halluciné : en franchissant la barre des 2000 pages vues. C'est trop d'honneur, merci... Le blog prend son petit rythme de croisière...
- débattu : (et pas qu'avec moi-même) : est-ce que je dois, est-ce que je peux, donner mes opinions politiques ? Dans notre travail de journaliste au quotidien, on s'abstient, en (par ?) principe. Certes, un blog est un espace perso, où je ne peux pas ne pas me livrer un minimum. Mais ce boulot ne m'oblige-t-il pas à un peu de réserve ?
- apprécié : voir ce blog prendre sa place dans ma tête et ma vie ("haaaan, mais il faut absolument que j'écrive quelque chose là-dessus") et dans celles des autres (génial quand on me dit désormais "tiens, ça, ça peut t'intéresser pour ton blog....")
Un weekend au Pays Basque plus tard (d'où la photo), mes doutes se sont envolés, l'envie de rire et de lire chaque jour des commentaires plus originaux est bien là, ainsi que l'envie de voir le compteur de visites grimper, grimper, chaque jour un peu plus... Le débat politique (le mien !) est clos. Je veux bien me moquer, ironiser, m'étonner, m'indigner sur certains faits ou personnalités politiques (surtout celles que j'aurai la chance de croiser), mais vous ne saurez rien (de rien) de mes opinions, convictions, espoirs ou déceptions. Motus. Et puis après tout, on s'en fout, non ?
Sinon, je resigne pour un mois. Vous aussi ?
Allez, j'arrête avec mes élucubrations. Je me concentre sur les vrais, gros non-événements de la semaine à venir :
- la Saint-Valentin : haaaaan j'aime pas ça. C'est pas un truc de fille désespérée, hein, c'est juste nul. Anti-romantique et souvent vulgaire. Toutes ces publicités de lingerie dans la rue, tout ce rouge partout (mal aux yeux), ces coeurs dans les vitrines (mal au mien), ces fleurs achetées vite-vite-le-14-mais-surtout-pas-le-15-ou-le-13 (quand même beaucoup mieux, le 13). La Saint-Valentin, pour moi, c'est un peu comme la Journée de la Femme, quoi. Au secours !
- l'annonce de la candidature de Nicolas Lasarkozy (cf article Sarkoshow). On me dit dans l'oreillette que ce grand moment de l'histoire de la 5e République pourrait être mercredi soir dans le JT de TF1. Ca tombe bien le mercredi soir, je suis à mon cours de yoga. Enfin je ne fais pas encore de yoga mais je pourrais m'y mettre, tiens. Sans rire, je regarderai ça, comme toi, lecteur, et puis toi, aussi, là-bas, derrière. Youpi !
A très vite,
Pau.
3 févr. 2012
Courage, Fillon !
Bon, pour être complètement honnête, un déplacement de François Fillon, c'est pas très funky. On se tape pas sur les cuisses, quoi.
Tout avait pourtant bien commencé. Grand soleil, -6°. Normal, quoi.
Avant que celui-ci n'arrive, l'équipe du Premier ministre nous (trentaine de journalistes environ) a déjà briefés 6 fois, (au moins) sur comment ça doit se passer, les lignes jaunes que l'on ne doit pas franchir, les salariés qu'on ne doit pas gêner, les batteries qu'on ne doit pas renverser (oui, parce qu'en fait, FF -pas Follow Friday hein, François Fillon himself- visite une entreprise d'excellence, qui fabrique des batteries au lithium ou un truc dans le genre), les VIP qu'on ne doit pas importuner, là où les photographes pourront se placer, et où les caméras ne seront pas conviées. Bref, soyez journalistes, mais soyez sympas.
C'est balisé, c'est propre, rien ne dépasse. FF arrive, il a l'air sympa, calme, tension correcte, chaussures nickel, brushing parfait, manteau Gant bien ajusté. La visite commence, la vie de l'entreprise s'arrête. Et tout le monde regarde passer, médusé, le cortège en blouses blanches. Ah oui, Alain Juppé est là aussi. Puis le préfet. Et le Directeur départemental de la sécurité publique, le boss des policiers. Et tous les élus locaux aussi. Ah et puis y'a Laurent Wauquiez aussi, tiens, je l'avais pas vu.
Visite nickel, question polie de François Fillon, réponse qualifiée du responsable de l'usine. Question, réponse. On visite. Mais y'a vraiment rien à se mettre sous la dent ou quoi ?
On tente une petite question au Premier Ministre. Il ne répond pas. Mais en fait, il ne nous regarde même pas. Nous voit-il ? Sa communication est juste archi verrouillée. Rien de très moderne, en somme.
Franchement, on s'ennuie.
Je me dis "et si je faisais dédicacer un soutien-gorge Lejaby à Laurent Wauquiez, tiens ?" (pas un à moi, hein). Comme ça, juste pour rigoler, pour détendre un peu l'atmosphère. Non ? Bon.
(Calmons-nous, les gens, je ne me moque pas du cas des salariés de Lejaby, hein, c'était juste une blague...)
La journée continue. Aucune ride n'est encore apparue sur mon visage.
Forcément, je ne fais pas partie du bus des journalistes. Ni du cortège ministériel, bien sûr. Je dois donc filer un quart d'heure avant la fin de la première visite, pour être sûre d'être à l'heure à la deuxième étape. Parce qu'évidemment, si je sors mon girophare et que je fonce sur les boulevards, je risque de me faire engueuler, moi.
CCI de Bordeaux : quelques centaines de costumes cravates et de talons mi-hauteur attendent sagement. La musique est grooooovy. Mais si, je vous jure, c'est pas mal, étonnamment. Pas de quoi danser, faut pas pousser, c'est François Fillon quand même. (plus tard, en passant devant la régie son, que vois-je ?? le CD de Katie Melua ! ahahahah !)
Toute la bande arrive, le public se lève, applaudit. Mollement. Ce n'est pas non plus un triomphe rock and roll. En fait, les gens sont crevés. Mais oui, c'est donc ça, ils ont regardé l'émission de France 2 jusque très tard hier soir !
Discours. Chauffeur de salle qui demande d'applaudir (Nan je déconne). Discours. Pfffff. Ah ! Une mini-blague de Fillon ? Non, j'ai mal compris, il s'était juste trompé dans son discours. Drôle. Je vous épargne les filières d'excellence, le grand emprunt et tutti quanti. On n'est pas encore tout à fait dans le meeting de campagne survolté. Message : le gouvernement est au travail, lui.
Breaking news : personne ne s'est endormi, cette fois.
10 minutes avant la fin, je file vers la mairie. Le quartier Saint-Pierre est complètement assiégé. Les petites rues piétonnes sont saturées de flics arnachés jusqu'au cou. On ne voit que leurs yeux, mais a priori, ce n'est pas à cause du froid. C'est bon, tout est UNDER CONTROL !
Devant la mairie, une belle brochette d'une vingtaine de RG (comprendre Renseignements généraux) ou policiers en civil guette. François Fillon arrive aussi à la mairie (quel récit haletant je vous fais là, ne me remerciez pas !), toujours aucune réponse à nos questions bien moins effrenées. L'équipe municipale de Juppé l'y attend (même les opposants Respaud et Hurmic !).
Là, ça devient plus drôle. Parce que Juppé et Fillon jouent du "TU" en voulez-vous, en voilà. Parce que François dit "la voix de la France, c'est la voix d'Alain Juppé". Parce qu'Alain dit à François qu'il a été très bon hier soir. (Clap clap clap). Parce qu'un adjoint râle : "quand ils vont déjeuner à la Tupina, ils pourraient inviter les adjoints aussi..." Parce que François dit qu'Alain aime Bordeaux quand il est à Paris aussi. Parce qu'ils disent en coeur qu'ils ne se sont jamais disputés (sauf peut-être une mini-fois sur l'Europe). (vous entendez la musique, là ?)
S'ils sont si amis, on se demande bien pourquoi François n'est pas venu plus souvent voir Alain à Bordeaux. La campagne doit être lancée, un peu, quand même. Non ?
François et Alain s'en vont (à la Tupina, donc). Trois bouteilles (Haut-Brion, Yquem et Margaux, cadeau de la maison Bordeaux) sous le bras de François, quand même.
Echange capté au hasard de la journée, deux inconnus à propos de Fillon : "il était comment ?" Réponse : "Egal à lui-même."
Bon week-end à vous !
Pau.
ps : Vu le film Poupoupidou - Bouh. Pas aimé. Trop de parallèles, trop gros et trop faciles. Trop d'approximation. Pas assez de drame ? Ca m'a quand même donné envie de relire des choses sur Marylin. Bientôt...
1 févr. 2012
Fille à papa
Alleeez, on se bouge ! Je sais qu'il fait un froid de canard, à ne pas mettre un orteil dehors, mais l'expo dont je vais vous parler vaut vraiment, VRAIMENT la congélation.
(Je sais bien que vous êtes comme moi, que vous repoussez à chaque fois, si bien que vous finissez toujours par passer la date limite et louper l'événement. Comme je vous comprends ! Mais on enfile son Damart et on se bouge les fesses.)
La Base sous-marine de Bordeaux expose Pierre et Alexandra Boulat, le père, la fille, deux très grands photo-journalistes, qui ont traversé le siècle via ses soubresauts, ses régions en guerre, ou ses héros anonymes. Avec quelques années d'écart. Reporters sans frontières avait déjà consacré son album de septembre au duo de photographes : "Pierre et Alexandra Boulat, 100 photos pour la liberté de la presse". J'avais déjà adoré et l'avais acheté. On retrouve exactement les mêmes photos sur l'expo bordelaise, mais on les redécouvre complètement, l'émotion en plus.
Déjà, j'adore la Base sous-marine. Les perspectives. L'espace, l'atmosphère emplie d'histoire. Les battements d'ailes des mouettes (je suppose ?), qui résonnent et le bruit de mes pas qui claque. Les reflets rouges dans l'eau. Les plafonds qui suintent. Le pont en bois qui vibre sous mes pieds et sous les assauts des rafales du vent glacial. J'ai souvenir là-bas de photos magnifiques, de musique qui emplit les lieux, ou de soirées déjantées.
Là, c'est l'histoire qui est partout. Pierre Boulat (1924-1998) a entre autres collaboré avec France-Dimanche, ELLE, Life Magazine, Time, Paris-Match. En 1955, il est le premier journaliste occidental en URSS depuis la guerre ! Idem en Chine depuis la Révolution en 1964. Un pro de la trempe des Cartier-Bresson, Capa, Doisneau ou Pavlovsky. Il a légué à sa fille sa passion et son talent. Alexandra (1962-2007) a couvert tous les plus grands conflits : israelo-palestinien, ex-Yougoslavie, Kosovo, Irak. Voilà, encore une femme qui a de quoi me faire complexer pendant des années. Une journaliste, vraie de vraie. A ceux qui me parlaient lors d'un article précédent (Voir Petit Journal : l'entarteur encarté) d'ouvrir le débat sur la définition du véritable journalisme, eh bien je crois qu'on y est, dans le débat. Et dans le véritable journalisme ! Pas besoin de mots, souvent.
Allez-y ! Flâner dans les années 50, avec Piaf ou des artistes bohêmes, à l'heure du chabrot dans une famille modeste, ou en Algérie avec De Gaulle. Pleurer avec les mères voilées sur les morts de la Cisjordanie. Dîner avec Truman Capote. Revivre la chute de la statue de Saddam Hussein à Bagdad. J'ai adoré les parallèles révélés entre le travail du père et de sa fille. Avec lui, on se souvient d'un mariage traditionnel français, dans le Berry en 1945. Avec elle, on fait la fête dans un mariage à Kaboul. J'ai été émue par leurs séries de photos sur Yves Saint-Laurent. Pierre était dans les coulisses du premier défilé du maître, Alexandra dans celles du dernier !
Leurs photos sont incroyables ! Ce ne sont pas seulement des instants, mais un regard, une composition. Parfaite. Dans le coin, en haut à gauche du portrait légèrement décadré des militantes du Hamas, les éclats de balles.
Voilà, j'ai eu la chair de poule tout au long de l'expo, et pas parce que ça caillait, je vous assure !
Quand on voit tout ça, on est un peu jaloux (plutôt carrément admiratif) d'imaginer la carrière, le vécu de tels pros. Ils font partie de la caste des grands. Un jour, peut-être, je vous parlerai d'un autre (très) grand photographe, que j'ai la chance de côtoyer et qui a vécu d'aussi folles aventures.
Ca commence juste, c'est à voir jusqu'au 18 mars et c'est gratos. Youpi !
(du mardi au dimanche inclus, de 13h30 à 19h - Boulevard Alfred Daney)
Je vous laisse rêver à de grands voyages et reportages. Moi j'y suis !
Pau.
(clichés de l'expo et repro des photos : copyright Pierre et Alexandra Boulat).
ps : hé ! Notre Premier ministre François Fillon est en goguette bordelaise vendredi chez son ami (sic !) Alain Juppé. J'y serai et promis, je vais vous raconter tout ça.
28 janv. 2012
Blogaventure : semaine 1
Cette semaine, j'ai
- publié un premier article, et surtout, je ne l'ai dit à personne. De peur qu'on aille le lire, tiens !
- été encouragée par mes plus proches
- écrit sur Marine Le Pen et reçu plein de retours chaleureux
- été tweetée, retweetée, facebookée, followée. Dingue !
- attendu et lu avec fébrilité les premiers commentaires. Les ai tous publiés (et puis quoi, encore !), n'ai pas répondu à tous (désolée...). Ai été touchée par tous.
- regardé toutes les deux heures les statistiques du blog et dépassé les 1000 pages vues hier (wahou, merci, merci !)
- stressé à l'idée de la page blanche
- envoyé le lien à tous mes contacts perso, et attendu les retours. Impatiente...
- toujours pas envoyé le lien à tous mes contacts pro. Courageuse...
- repensé à ce déj, avec Papilles&Pupilles (www.papillesetpupilles.fr/) et Malinmaligne (www.malinmaligne.com/), deux super nanas, super blogueuses, qui m'avaient donné envie de me lancer, bien qu'elles parlent des deux domaines qui me sont le plus étrangers : la cuisine et le sport !
- repensé à ce déj, avec Carmel, toujours elle, qui m'a coachée
- été touchée quand ma meilleure amie m'a dit qu'elle m'avait reconnue dans ce qu'elle avait lu. Et qu'elle avait ri, aussi
- rencontré des étudiants en journalisme à l'école de Bordeaux (IJBA), avec qui j'ai parlé du boulot de journaliste indépendante. Me suis demandée ce que j'avais gardé de mes idéaux d'étudiante (c'est pourtant pas bien loin, tout ça !) J'ai voulu en faire un papier puis me suis ravisée. Dans dix ans, peut-être.
- fait le montage d'un documentaire de 26 minutes, qui m'a pris du temps, beaucoup de temps, mais qui m'a fait voyager sous le soleil de Tahiti (souvenir, souvenirs....)
- me suis baladée dans Bordeaux et eu envie d'en faire un papier
- regardé le débat Hollande/Juppé et n'ai pas eu envie d'en faire un papier
- galéré sur des questions techniques
- dîné et rigolé avec Mel, Man et mon man à moi. Bu du vin et adoré le tiramisu
- pas eu le temps de lire mon ELLE, ni de finir Freedom
- mis plein d'idées de côté
- voulu faire une sieste mais n'ai pas réussi car j'avais trop envie d'écrire ce papier
Chouette week-end à vous aussi,
Pau.
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