12 avr. 2012
Ô saint James, priez pour nous
A quoi ça tient, être chef de l'année ?
Aucune idée. Ce n'est pas pour moi et mes lasagnes, tartes à la tomates et faux tiramisu, que le statut a été inventé...
Mais quand il s'est agi de choisir un joli lieu pour une date importante, je ne sais pas pourquoi, j'ai pensé au Saint-James, à Bouliac. Je me disais que c'était con de ne pas aller voir le chef de l'année tant qu'il l'était. Et pas l'année suivante. Vous me suivez ?
Bon ben voilà, moi je suis une toute petite jeunette, et des restos étoilés, j'en ai pas fait des milliers. J'hésitais entre le restaurant Grand Vigne à Caudalie, le Pressoir d'Argent (le Grand hôtel, quoi), et le restau de Michel Portos. Ni une, ni deux, j'ai demandé conseil à ma copine Anne de www.papillesetpupilles.fr/ qui m'a dit "fooonce". Oui, mais où ?
Alors une ptite paire de talons, et une jolie robe plus tard, nous avons foncé jusqu'à Bouliac un soir de pluies fraîches, pour un dîner qui nous a réchauffés jusqu'à l'été.
Nous avons choisi les Morceaux choisis, ses cannellonis (big up pour les dattes-coriandre qui nous ont embarqués direction le soleil et les saveurs de Tunisie), son pavé rôti de barbue avec kumquats et céleris (un défi pour moi qui n'aime pas trop les kumquats et déteste le céleri, c'est dire. Relevé avec brio. Incroyable !). Un pré-dessert à base de mangue fondante, et un dessert spécial Pau de sublimes gariguettes aux accents de noix de coco. Pendant ce temps, on s'était enfilé quatre verres de vins tous aussi incroyables les uns que les autres, venus des côtes catalanes, du Gard ou de Hongrie, spécialement pour secouer les papilles de Bordelais que nous sommes malgré tout. Comptez également une dizaine de petits pains aux olives ou tomate-basilic, avec lesquels j'aurais fait tout simplement le repas, s'il avait fallu me sacrifier. Ah oui, il faut que je vous dise aussi, entre temps, (maudites soient les injonctions anti-calori(fi)ques pré-printemps) j'avais vu passer le plateau de fromages. Il ne figurait pas au menu, mais j'ai pleuré auprès du maître d'hôtel sympa, comme si ma vie en dépendait. Et nous avons eu droit au plus incroyable Reblochon (pourtant je suis calée en cheese, je peux vous le dire), à un brebis puissant et un Roquefort qui m'a laissée sans voix, moi qui n'aime pas vraiment le Roquefort. Voilà, c'était extraordinaire. Bon, doux, élégant, enchanteur. A chaque plat, j'ai été surprise, au moins trois fois, en trois temps, par l'assaut des saveurs inédites et subtiles.
Il paraît que Michel Portos n'était pas en cuisine. Pas de souci, sa brigade a géré. Ca doit être ça, chef de l'année. Assurer, même quand on n'est pas là. Et offrir un lieu où chaque détail compte, chaque geste est une cérémonie, chaque choix est motivé par le souci de perfection. Et puis les petites attentions... Le "doggy bag", petit sachet de douceurs à emporter m'a sauvé la journée, le lendemain midi, quand je rentrais déprimée d'une séance aux Prud'hommes. (aaaah mais oui, il faut que je vous raconte ça, aussi).
Bref, le bide plein et la tête remplie d'étoiles scientillantes du joli Bordeaux au loin, nous nous sommes promis de faire ça plus souvent. Manger, divinement bien, exploser sous les saveurs, voir les gens apprécier autour, se faire servir par des pros qui aiment leurs produits.
Est-ce que la vie, c'est pas ça ? Se régaler de belles et bonnes choses avec ceux qui comptent. Et puis s'en émerveiller à chaque fois. On bosse (aussi) un peu dans ce but là, non ? Et puis ça coûte moins cher qu'une paire de Louboutin, les filles. Ce qui est encore mieux paraît-il, c'est d'aller au Saint-James avec des Louboutin aux pieds. Tout est encore meilleur, comme si c'était possible...
Allez, belle journée à vous. Moi je vais voir (pas boire) du champagne, partout, partout. Ma série de tournages sur le vin continue.
Pau.
ps : les photos sont pourries, je sais, mais je n'allais tout de même pas sortir mon appareil tranquille pour shooter des assiettes !
5 avr. 2012
Chronique d'en-bas #1 Police
Il y a quelques jours, je suis allée au commissariat central de Bordeaux. Youhou ! Je vous avoue que je n'y vais pas très souvent, hein, je ne fais partie des habitués. Là, passage obligé pour aller faire faire une procuration de vote. Vous voyez comme je suis citoyenne...
Et bonne nouvelle, je ne suis pas la seule. Pour ceux qui auraient en ce moment des angoisses de taux d'abstention record, des cauchemars de bureaux de vote vides, des sueurs froides de bulletins esseulés dans des salles des fêtes désertées, rassurez-vous ! Si l'on en croit la file de personnes venues comme moi remplir le joli formulaire saumon, les électeurs devraient être au rendez-vous.
Sinon, il y avait aussi un monsieur complètement paumé, qui tentait de communiquer avec un (jeune) fonctionnaire de police à l'accueil (déjà) blasé. Il agite une feuille gentiment, et parle une langue inconnue. Le policier ne veut rien entendre "je ne vous comprends pas Monsieur, il faut parler français" ; en face : "Comprends pas" ; "je comprends pas"... Et ainsi de suite, personne ne comprend personne. Tout le monde se regarde en chien de faïence, sans proposer un coup de main. Le sketch aurait pu durer longtemps, mais il en fallait bien un moins buté que l'autre. Le monsieur s'est débrouillé, et il a trouvé un traducteur bienveillant qui a fait le lien... en anglais. Comme quoi, ça ne tient pas à grand chose, parfois, la communication...
Je parviens au guichet d'accueil, on me donne le formulaire à remplir "vous ne faites pas de ratures, hein, sinon, il faut recommencer". Arrive à côté de moi un vieil homme, qui n'a plus que deux dents, bien au fond, sur les côtés. Mais il les affiche quand même, tout sourire. Content d'être là. Il cherche à trouver un bureau d'anciens combattants à Bordeaux, il sort un courrier, "parce que je suis ancien combattant, moi, vous voyez". Heureux, fier. La jeune policière en face de lui est larguée. "Je ne peux pas vous renseigner monsieur, désolée, allez demander à la mairie". "Vous ne pouvez pas regarder sur vos ordinateurs ? Je n'ai pas d'ordinateur, moi..." Elle regarde sa collègue à l'autre bout du grand comptoir (avec "help" dans les yeux), la collègue tourne l'ordinateur vers le vieil homme qui découvre l'affiche "en panne", collée sur l'écran. Il s'excuse, et s'en va en souriant.
Un policier arrive de l'extérieur. Fatigué. Nonchalamment, il fait la bise à tous ses collègues de l'accueil. Sans un mot. Il dépose une pile de feuilles et s'en va. Sa collègue prend la pile et la range dans un énorme registre, prêt à craquer d'autres feuilles. Il y a du monde qui attend, un peu. Des gens installés dans l'espace attente baigné de lumière. Pour quoi ?
Le jeune policier fait des va-et-vient avec ses formulaires de procuration. Vient demander des précisions, repart, tamponne, glisse tout au long du bureau sur sa chaise à roulettes, classe ses formulaires, remercie et dit au-revoir sans lever les yeux. Il a une alliance. Marié si jeune ? Plusieurs policiers en civil attendent l'ascenseur, s'interpellent, se saluent, partent dans un éclat de rires. Les gens les regardent sans ciller.
"Suivant !" Jeune, homme, blouson en cuir, baskets. Egaré, flippé. Il montre une feuille un peu froissée à la policière.
Lui. "Je viens parce que j'ai reçu ça, et je voulais savoir ce que ça voulait dire"
Elle. "Ben ça veut dire que vous êtes convoqué par ce policier, que vous devez prendre contact avec lui"
Lui. "Je suis là, je peux le voir ?"
Elle. "Non, là il est occupé"
Lui. "Je peux attendre ?"
Elle. "Non, parce que dans dix minutes, il va partir en pause déjeuner" (je regarde ma montre, il est 11h43)
Lui. "Je peux revenir cet après-midi ?"
Elle. "Non, vous le rappelez et vous prenez rendez-vous pour dans la semaine"
Lui. "Mais je ne comprends pas, qu'est ce que ça veut dire, ce papier ?"
Elle. "Ca signifie infractions "mineures""
Lui. " ??"
Elle. "Agressions, vols..."
Lui. "Je comprends pas"
Elle. "Vous avez quelque chose à vous reprocher ?"
Lui. "Non"
Elle. "Eh ben alors ça ira".
Je suis restée scotchée à toutes ces petites scènes effrayantes d'humanité. J'ai mis 15 minutes à remplir mon formulaire. Chroniques d'un ras-le-bol ordinaire ? Ras-le-bol de la police, contrainte toute la journée de remplir les rôles de bureau d'information, centre social, défouloir... Ras-le-bol aussi des citoyens, lassés d'être accueillis par des visages fermés, des termes savants, des regards méfiants. Et ça ne se passe "qu'à" Bordeaux, "que" un lundi matin. Pas de jugement, pas de généralités non plus. Banale tristesse.
Pau.
3 avr. 2012
Dis, quand reviendras-tu ?
Toutes mes excuses pour cette absence, mille fois. J'espère que je vous ai manqué.
Je reviens avec une seule et unique question : mais comment font-elles ?
Oui, comment font-elles, ces femmes hyperactives, working girls, mamans, blogueuses ? Pour assurer au boulot, répondre à tous les mails, avoir encore le temps d'avoir des idées au travail, gérer le téléphone avec les copines, tenir la maison, emmener la puce à la danse, organiser des déjs, poster des articles tous les jours ? Moi, je vous le dis tout de go (j'adore cette expression), je n'y arrive pas. Bon ok, je suis plutôt du genre à me noyer dans un verre d'eau, m'enfin quand même. Femmes, je vous admire.
Alors pour justifier un peu mon stress démesuré et mon emploi du temps surchargé, il y a :
- mes pages à écrire pour mon magazine féminin, encore, et toujours. L'été, et ses commandes monstre arrivent.
- une série de documentaires de 26 minutes sur le vin à tourner (je ne vous en dis pas trop pour l'instant, sachez juste que c'est une première pour moi, et promis, je vous dirai quand et où ce sera diffusé)
- les élections, encore et toujours, avec leur lot de meetings, déplacements et autres reportages éreintants mais édifiants...
Ce qui veut dire que je devrais être en mesure, bientôt :
- de vous dire tout ce qu'il y a de mieux en terme de festivals et bons plans de l'été dans la région.
- de vous raconter mon plus beau choc architectural. Ca s'est passé au château Cheval Blanc à Saint-Emilion, et c'était sublime.
- de vous faire vivre les prochaines soirées électorales en direct live de Tulle, chez et avec François Hollande. Coulisses, ambiance, petites phrases, je vous dirai tout. (comment ça, je m'emballe ?)
En attendant, demain, je vous raconte les aventures de Pau au commissariat de Bordeaux. Ouuuuuuh.
A très vite,
Pau.
ps : avec deux petites images, qui me mettent de belle humeur : une jolie vue de soir tombant du côté de la Base sous-marine, et le cerisier du jardin en fleurs, il y a quelques jours.
23 mars 2012
Y être ou ne pas y être
Telle est la question.
L'actu, c'est ça. On est là ou on n'est pas là au (bon) moment. Moi je n'étais pas à Toulouse. Dommage, me direz-vous, c'est pourtant pas bien loin. Et puis ils avaient besoin de renfort, c'était quand même l'actu de l'année.
Mais moi, j'étais en tournage du côté de Saumur. Super tournage par ailleurs, du bon vin, un bel endroit. Et surtout des gens adorables, le vrai plaisir du métier, au fond.
Oui mais voilà, l'actu nous est un peu chevillée au corps, comme on dit. Et j'ai passé deux jours à suivre minute par minute ce qu'il se passait du côté de Toulouse. Difficile de dire qu'on est "déçu", qu'on aurait aimé être présent, vu le caractère glauque de l'actualité en question... Mais on a juste envie d'être là où ça se passe. Sur le coup dont tout le monde parle. Pas par égocentrisme. Ni par voyeurisme en l'occurrence. Juste pour ressentir une fois de plus cette adrénaline de l'action, de l'information qu'on recueille. Cette espèce de toute puissance d'avoir l'info avant tout le monde et d'en être maître, quelques instants : je la vérifie, je la donne, je la mets de côté, je la mets en forme d'une manière ou d'une autre.
Difficile à expliquer, mais vivre l'événement sur place, et le faire vivre aux autres, c'est quand même autre chose que de le vivre derrière son écran. Frustrant. Et quand on y a goûté... Drogués de l'info, les journalistes ? Pas faux, il doit y avoir de ça.
Bref, ne pas y être.
Y être ou ne pas y être...
C'est un peu comme pour les gars du Raid. On y est (à leur place), ou on n'y est pas. Moi je n'y étais pas, alors je ne permettrai, en aucune manière, de dire comment ils auraient dû faire, et que tout cela est un échec. Je ne vais pas m'agacer trop fort, hein, le débat est bientôt terminé, je l'espère. Mais "les gens", ceux qui critiquent toujours les actions dont on ne sait rien me semblent bien présomptueux. Qu'aurait-il fallu faire face à l'ennemi public numéro 1, un homme violent, armé jusqu'aux dents et pour le moins instable ? L'homme qui regrettait de ne pas avoir fait plus de morts ? L'homme qui a, parait-il, "mené lui-même l'assaut" ? On ne sait rien de la manière dont tout cela s'est passé, du comportement de cet homme face à des professionnels archi formés à ce genre de situation, eux. Les presque 33h d'attente nous prouvent de manière assez éloquente, je crois, que les hommes du Raid ont tout fait pour avoir le suspect vivant, sans passer par la violence. La situation a basculé, voilà. Aujourd'hui, je ne leur jette pas la pierre, je n'ai aucune légitimité ni envie de le faire.
Le droit à l'information me direz-vous ?! J'y suis attachée, évidemment ! Que les journalistes posent des questions sur tout ça est un droit et un devoir, pour que l'on sache exactement ce qui s'est passé. Mais que tout un chacun se garde bien de dire si vite qu'il aurait fallu faire autrement, et de penser qu'il aurait fait mieux.
Sur Twitter hier, j'ai lu et aimé : "la France avait déjà 56 millions de sélectionneurs de l'équipe de France. On a maintenant 56 millions de chef d'équipe du RAID" ! Drôle non ? Il vaut mieux en rire.
Bref, y être ou ne pas y être. Quelle question...
Pour finir, et dans un registre beaucoup plus comique, ça me fait penser à cette définition dans le Baleinié (si vous ne connaissez pas ce "Dictionnaire des tracas" (éditions du Seuil), qui invente des mots pour donner des définitions à tout ce qui n'en a pas, je vous le recommande vivement, c'est tellement drôle...) :
"wabol : état ankylosé du bras au réveil
wabol ? : interjection qui exprime "Et moi, qu'aurais-je fait sous l'Occupation?"
Allez, j'y vais. Je vais essayer de comprendre comment Mélenchon peut aujourd'hui être le "troisième homme"... Toujours mieux que Marine Le Pen, j'en conviens.
A très vite,
Pau.
ps : juste pour rire, d'autres exemples du Baleinié, qui me parlent un peu...:
izguter : intervenir avec véhémence dans une conversation où on ne parlait pas du tout de ça.
seillon-pinquer : devoir expliquer ce qu'il y avait de drôle dans l'histoire drôle.
hurseoir : s'engager en courant dans un escalator en panne (com. : annoncer une bonne nouvelle à des gens qui la connaissaient déjà.)
wewedem : lutte discrète entre vous et votre voisin pour la possession de l'accoudoir (géopol. : conflit international qui a débuté avant votre naissance et qui dure encore)
18 mars 2012
Trilogie new-yorkaise #3 Instants
Dix jours plus tard, que reste-t-il de New-York ?
Après vous avoir parlé de bouffe, de musées, de beaux endroits, de clichés...
Il reste des instants drôles, émouvants, uniques, si propres à New York.
Ces quelques minutes passées dans un salon de coiffure en plein coeur de Chinatown. Qui auraient pu être à Hong Kong. Partout où il passe en voyage, mon homme aime aller se faire couper les cheveux. Résultat : parfois des coupes improbables, souvent réussies (la coiffure, c'est universel !), mais toujours des moments drôles, cocasses, empreints d'une vraie réalité de la ville. Comme si nous étions "a part of it" (ça y est, vous avez la chanson dans la tête ? Moi ça fait dix jours !)
Là, il y a eu d'abord les regards interrogateurs des dix employés du petit salon, pas franchement habitués à voir des ptits blancs s'aventurer ici. De mon côté, je ne sais déjà pas expliquer ce que je veux comme coupe de cheveux en français alors en chinois... Pendant qu'il passe entre les mains rapides de l'employée timide, je bouquine le ELLE américain (pas mal, au fait...) A côté, une fille coiffée façon choucroute eighties, dans sa doudoune vert fluo, joue à un truc qui bipe très fort et tout le temps sur son portable. Elle chante très fort et mal aussi, en écoutant à la radio, un truc du genre Céline Dion ou Patrick Fiori local. Elle n'est pas là pour se faire coiffer (dommage), ni pour papoter avec les copines coiffeuses. Là pour être là. Des petites mains s'affairent dans tous les sens. Balayage, nettoyage, coupes à la chaîne. La gentille timide soigne mon homme, cheveu par cheveu, dans une concentration extrême. Le patron, derrière son comptoir observe bien sévèrement tout ça. Du fond de mon siège, je me marre... En partant, on nous remercie mille fois. Pour 8 dollars, on a presque honte.
Et finalement, la coupe était parfaite !
Il reste Times Square, qui vibre à toute heure du jour ou de la nuit. Le soir, trois jeunes black américains nous font un show de sauts impressionnants, de figures, de danse et d'humour. Partout on monte sur les échafaudages pour les voir. Le monde entier défile sur les écrans mais une partie de la ville est scotchée sur ces trois mecs. Torses nus quand tout le monde se gèle par -10°. Eclats de rire, rap à fond, public qui crie et encourage...
Il y a God Save America et Obama. Mais pas tant que ça. Il paraît que New-York, au fond, ce ne sont pas les Etats-Unis. Par contre, il y a bien ce drapeau, partout, à toutes les sauces, dans toutes les têtes et sur tous les coeurs. Ce patriotisme, cet amour pour la patrie si loin de nous petits Frenchies. Au-dessus de tout, il flotte sur les immeubles de Wall Street à Rockefeller, en passant par les petites maisons de Brooklyn. Et il y a ce memorial. Tout ralentit au fur et à mesure que l'on approche. Comme si la ville avait gardé ici son rythme de deuil permanent. Près des grands carrés sans fond, face aux milliers de noms inscrits à l'infini, on ne peut pas ne pas être secoué. Même si l'on a passé une demi-heure entre "checks points", sacs fouillés et dédales avant d'arriver sur The Ground Zero. Beau, sobre et intense, le mémorial est empreint d'émotion. Où étiez-vous le 11 septembre ? Moi en cours d'anglais. Les textos commençaient à circuler : un avion dans les tours jumelles ? C'est la troisième guerre mondiale ! plaisantions-nous. En rentrant chez moi, je réalisais le drame, et que nous serions pour toujours une génération 11-septembre-2001. La vie à New-York a repris son cours, mais partout, les souvenirs sont encore là.
Il reste évidemment la statue de la liberté, vue des airs, cette fois ! 25 minutes au-dessus de Manhattan qui passent à une vitesse folle. Vue d'en haut, elle est bel et bien mythique ! Et l'Empire State building, le Brooklyn bridge, le Madison square garden... P***** ! Quelle expérience de fou !
Il y a Central Park, un dimanche après-midi. L'hommage à John Lennon, les calèches. Et une démonstration de patinage artistique de mini-miss absolument nulles ! Les chutes, les pleurs, le trop-plein de paillettes et de gel sur le chignon, les mamans fans et les papas qui filment.
Il reste les boutiques de fou. Heureusement que je n'avais pas prévu de budget shopping... Les magasins de déco incroyables (coup de coeur pour West Elm et Ochre). C'est ici que tout commence, je vous le dis !
Il reste les New-Yorkais, attentifs, tout simplement gentils. Qui demandent d'où vous venez, qui s'arrêtent spontanément lorsqu'ils vous voient chercher sur une carte. Qui veulent savoir comment vous allez, sincèrement en plus, partout, tout le temps. Qui ont le smile et la pêche, quand ils arpentent la ville avec leur immense mug de Starbuck's à la main. Qui parlent trop fort mais qui croquent leur pomme à pleines dents.
Il y a les chauffeurs de taxi, de tous styles et toutes langues. Ceux qui se font insulter à coup de "Fuck" dans tous les sens dès notre arrivée, ceux qui adorent les Français (mais si, je vous promets, c'est possible), ceux qui sont tout le temps pleins le samedi soir tard, ceux qui comprennent rien, ceux qui nous ramènent à l'aéroport avec du bon rap en fond sonore. Snif...
Et il reste une envie d'y retourner, une motivation de conquérants. Une envie de chanter, de danser, de bouger, de créer. Une espèce de bouillonnement d'idées, de projets, de tendances dans la tête !
This is New-York !
Je reviens très vite, dans la vraie vie. La politique, Bordeaux, le boulot, tout ça, c'est bien aussi...
Pau.
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